7 idées pour un voyage en Autriche en été
Organiser son voyage en Autriche Activités : de Vienne au Salzbourg, réserver ses activités en Autriche sur Getyourguide Où dormir : trouver les meilleurs hôtels en Autriche Demander un devis (gratuit…
Instagram est en train de révolutionner le monde du voyage et pas forcément en bien ! L’instagrammabilité est sur les lèvres de tout le monde dans le milieu du tourisme : les voyageurs veulent partir vers un pays « instagrammable », les destinations veulent montrer leur pouvoir d’ « instagrammabilité » pour attirer les visiteurs sur leur territoire, et enfin les influenceurs essayent de récolter le plus de J’❤️ possible en espérant ainsi inspirer le plus grand nombre ! Dans cette course à l’égo et l’attractivité, nous avons perdu les valeurs qui sont les plus chères au voyage comme l’apprentissage, la tolérance, l’échange ou la bienveillance, mais aussi oublié la préservation de l’humain et de son environnement. Depuis son lancement en 2010, Instagram est devenu le guide de voyage des plus jeunes qui choisissent leur destination en fonction des photos que les algorithmes veulent bien leur laisser voir, plutôt qu’en fonction de leurs réelles envies. Mais pourquoi voyageons-nous aujourd’hui ?
Depuis quelques mois je déserte Instagram car je ne m’identifie plus à ce que j’y vois et ce qui y est partagé. L’article « Outdoor Burnout » de les Others, ainsi que « I didn’t do it for the ‘gram » de la blogueuse Parttimetraveler publiés récemment, transcrivent assez bien ce que je ressens et m’ont conforté dans mon choix de me recentrer sur ce que j’aime et celle que je suis, plutôt que sur celle qu’il faut être pour être aimée.
Le journaliste de National Géo, Andrew Evans (dans Campus time), a trouvé les mots justes pour exposer les changements que les réseaux sociaux ont opéré ces dernières années :
Parce qu’aujourd’hui tout monde cherche des lieux pour faire des selfies dignes d’Instagram, […] nous avons détruit des sites emblématiques », a t-il déclaré. « Nous avons dégradé ce que j’aime le plus dans le fait de voyager, à savoir créer des liens avec de vraies personnes dans des endroits vivants.
Je me sens assez en phase avec cela.
Enfin, l’article de Wedemain.fr, Instagram et les influenceurs : une menace pour l’environnement ?, fait aussi longuement réfléchir sur notre façon de voyager et partager nos voyages, même si j’en avais déjà bien conscience avant la lecture de cet article (cf mon bilan 2018).
Ce qui m’anime dans le fait de voyager, c’est autre chose que la beauté d’un lieu ou d’une destination et si je repense à quelques uns de mes plus jolis souvenirs de voyage, aucun n’est réellement sur les réseaux sociaux. Tout simplement parce que l’instant présent est plus important que la photo de l’instant.
Robert-Louis Stevenson a un jour écrit :
L’important ce n’est pas la destination, c’est le voyage.
Je le rejoins.
J’ai commencé à voyager dans les années 90 à l’heure où internet et les réseaux sociaux n’existaient pas. Mon voyage d’un an en Australie en tant qu’étudiante échange a été, je pense, très déterminant dans ma façon de voyager par la suite. Ancrée dans une ville de Nouvelles Galles du sud, l’important n’était pas de découvrir le pays mais de m’intégrer dans la culture locale. De profiter de chaque instant de cette année unique.
Je n’avais aucune pression sur mes épaules pour partager mon année. J’écrivais des lettres à mes proches, leur racontait mes petites histoires d’étudiante et c’était suffisant. Un voyage d’une autre époque, vous avez raison de le penser.
C’est l’histoire d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre
chantait Aznavour
Les photos n’étaient prises que pour composer les souvenirs de cette année unique. Elles sont précieuses et représentent aujourd’hui un chapitre important du livre de ma vie mais les souvenirs les plus riches et sincères ne sont pas certainement pas ceux figés sur du papier glacé.
Je ne suis pas nostalgique de cette époque, loin de là, je pense juste qu’avec l’explosion de la bulle internet et le prix de plus en plus accessible des billets d’avion, nous avons parfois perdu le sens de nos voyages. Leur POURQUOI.
La question pourquoi est très importante, elle nous permet de nous recentrer quand on se perd, ça et là, dans les méandres de la vie.
Mes meilleurs souvenirs de voyage ne sont pas sur Instagram. Pourquoi ? Parce qu’une photo fige un instant et que pour le figer, vous devez être concentré sur l’action, pas sur l’instant en lui-même.
On ne vit pas l’instant présent par écran interposé.
Photographier un paysage, déjà maintes fois relayé sur les réseaux sociaux, n’est pas un souvenir de voyage. C’est juste une façon de dire « j’y étais ».
Si vous m’avez un peu suivi sur Instagram, vous aurez certainement compris que le texte y a tout autant d’importance que le visuel mais les récits n’y ont pas leur place. On donne plus de crédit à une photo d’aurore boréale qui aura pour texte « aurore boréale » qu’à une photo qui relatera les émotions perçues.
A l’égotrip ou l’esbroufe, je préfère les histoires, celles qui sont finalement la raison pour laquelle j’aime voyager. Elle sont toujours la source de mes inspirations.
Les histoires sont totalement personnelles et génèrent des émotions, contrairement aux images devenues banales. Et puis pour être très honnête, à voir toujours les mêmes photos passer sur les réseaux sociaux, il n’y a que déception et frustration en perspective : trop de monde sur le spot à photographier, un site qui ne ressemble pas à l’image qu’on en avait en tête… Cette déception je l’ai vécue dans le cercle d’or lors de mon road trip en Islande. Même si je n’ai pas spécialement cherché les spots en question pour m’y rendre une fois sur place, la destination est tellement populaire sur Instagram qu’on ne peut pas passer à côté. Comme les Dolomites, la Namibie, Venise en Italie ou le lac de Bled en Slovénie…
En voyage, il y a ce que l’on voit et ce que l’on vit.
En voyage, je choisis la vraie vie car un souvenir ne se fabrique pas. C’est un moment qui se vit puis se transforme en souvenir !
Je pourrais passer des heures à vous parler de ces moments tantôt furtifs, tantôt profonds que j’ai vécus et m’ont fait sourire, pleurer, rêver, aimer ou détester… Ces moments qui ont nuancé mes voyages, qui leur ont donné une couleur et des émotions.
Je pourrais vous parler de cette soirée à taper sur des casseroles et chanter aux champs-Elysées de Joe Dassin au fin fond du Sri Lanka, de la rencontre émouvante comme jamais d’une mamie dans un bus en Inde, d’une discussion avec une backpackeuse allemande de 70 ans dans un dortoir sur un Ilha Grande au Brésil, de la rencontre de mes amies néo-zélandaises dans un tuk-tuk au hasard d’un soir d’orage au Rajasthan en Inde ou de celle d’une jeune fille venue me parler à ses risques et périls en Birmanie alors que la junte dirigeait le pays.
Je pourrais vous parler de bien d’autres instants. Ces souvenirs, et des milliers d’autres encore, sont gravés dans ma mémoire et ont une place particulière dans mon coeur.
Ils ne sont pas sur Instagram.
Ils ne sont pas photographiés ou quand ils le sont, ils n’ont aucun pouvoir d’instagrammabilité voire ils pourraient mettre la vie d’une personne en danger. Comme celle de cette jeune fille en Birmanie.
Bouddha a dit
Toutes les images sont des mensonges, l’absence d’image est aussi mensonge.
Créons-nous nos images intérieures.
Plutôt que de nous montrer en train de jouer avec des enfants, jouons avec eux.
Plutôt que de photographier des gens à la volée, parlons avec eux.
Plutôt que de photographier un paysage maintes fois vu, faisons corps avec lui.
Plutôt que de nous montrer en train de voyager, voyageons !
Plus tard, quand nous remonterons le fil de nos souvenirs, nous nous souviendrons bien plus de ces instants précieux que du selfie ou de la story que nous avons pris dans un beau paysage (avec des centaines d’autres personnes) pour les partager sur Instagram.
D’ailleurs que seront Instagram et autres réseaux sociaux dans 10, 20 ou 30 ans ?
Personne ne peut prévoir le chemin que ces technologies vont prendre. Dans 10, 20 ou 30 ans, nos jolis souvenirs, eux, seront intacts dans nos mémoires.
Par ces mots, je ne dis pas qu’il ne faut plus photographier, je dis juste qu’il faut mesurer ce que nous partageons, comment nous le partageons et pourquoi nous le partageons.
La terre et notre charge mentale s’en porteront beaucoup mieux !
Alors posons-nous et questionnons-nous :
Pourquoi voyageons-nous ? Qu’avons-nous envie de retenir de nos voyages ? Quel message souhaitons-nous véhiculer ?
Plutôt que de se regarder le nombril, de penser à combien de J’❤️nous allons récolter et à toutes les futilités qui vont avec, pensons à ce que nous faisons et pourquoi nous le faisons.
Réfléchissons.
Cet article vous a plu ? Partagez-le !
Questions fréquentes
À lire aussi