Jacadie a dit : trouve-moi un homard bleu au Nouveau Brunswick
« Il parait qu’au Nouveau Brunswick certains homards sont bleus » ! C’est vrai mais on n’en trouve 1 sur 4 à 5 millions alors arriver à en voir un, c’est un défi ! On me l’a lancé, je l’ai accepté ! Voici l’histoire de ma quête au homard bleu au Nouveau Brunswick.
Sur la route de la baie de Fundy
A peine débarquée de France, me voilà déjà sur la route de la baie de Fundy. Celle-ci je la connais déjà… Si l’an dernier j’avais éprouvé une petite frustration de ne pas avoir pu m’enfoncer sur la plage de Hopewell Rocks, je me suis rattrapée cette année ! J’ai marché jusqu’au bout et me suis sentie toute petite dans ce lieu exceptionnel qui héberge les plus hautes marées du monde.
Nouveau Brunswick – balade baie de fundy
Ici nous sommes à marée basse. J’aime les contrastes entre ce marron argenté de la boue, ce vert des végétaux et ce bleu bercé par quelques nuages. Petite dans l’immensément grand, c’est un peu l’impression que j’ai eu.
Toutes les 6 heures l’eau monte de 7 à 12 m, la plage de boue disparait et l’eau monte au niveau de la végétation. Je crois qu’on ne peut vraiment se rendre compte que sur place. C’est vraiment impressionnant et je conseille de voir Hopewell Rocks à marée basse puis à marée haute pour vraiment prendre conscience du phénomène.
Nouveau Brunswick – baie de fundy marée basse
C’est un peu plus loin, dans le village d’Alma, que j’ai vu mes premiers homards (et surtout pas les derniers) du voyage. Ce village vit autour de son petit port de pêche. Au Nouveau Brunswick, il y a deux saisons de pêche au homard : l’une de mai à juillet, l’autre d’août à octobre. Nous sommes en plein dedans !
Nouveau Brunswick – Dans le port d’Alma
Fin de matinée, la mer remonte et le petit port s’agite. Les moteurs des bateaux s’allument, les marins sont prêts à mettre les gaz et partir au large. Pas l’heure pour voir un homard en cage alors ce sera dans mon assiette que je le verrai !
A la veille du Canada day, le rouge et le blanc habillent la rue principale. Attirée par la terrasse du take-out avec vue sur la mer, je m’arrête prendre mon premier Lobster roll du voyage. Hé ouais, il faut toujours gouter les saveurs locales non ? C’était trop bon et rien qu’à voir la photo, j’en salive encore !
Nouveau Brunswick – sandwich au homard
Shédiac, capitale mondiale du homard
Je reprends la route et c’est tout naturellement à Shédiac, la capitale mondiale du homard, que je m’arrête. Il fait beau et chaud ce jour-là au Nouveau Brunswick. Bien tentée par une petite soirée dehors au coucher du soleil, c’est vers le port que je me dirige ! Le site est animé et j’ai l’impression que c’est le spot où il faut aller le soir. Il faut dire que le soleil se couche dans l’axe, juste derrière la jetée. L’ambiance y est particulière. D’un côté les amoureux sont assis sur le capot de leur voiture et regardent le soleil descendre, de l’autre les enfants plongent sans cesse dans l’eau avec pour jeu (ou pas) d’éviter les méduses.
Nouveau Brunswick – Le port de Shediac
Tout ça c’est mignon mais à part dans mon assiette (pour la joie de mes papilles) toujours pas l’ombre de homard en vue et encore moins d’un bleu…
Bouctouche et l’île aux puces
Le lendemain, je prends donc la direction de Bouctouche et de l’île aux puces. Au pays de la Sagouine, un village de pêcheurs acadiens (reconstitué comme au début du 20è siècle, au temps de la prohibition), j’apprends que le homard était à cette époque la nourriture du pauvre. Et oui, bien avant l’arrivée de la pêche intensive et des réglementations, le homard était ce qui se pêchait le plus facilement de ce côté-là de l’Atlantique. Ils étaient là par centaines de milliers au large des côtes du Nouveau Brunswick.
Les acadiens n’étaient pas bien riches et sur leurs terres ils ne pouvaient quasi rien cultiver hors mis des pommes de terre. Le homard et les patates était donc les deux ingrédients de base de leur alimentation. Il devait bien pêcher des homards bleus à cet époque-là mais la couleur de la bestiole devait être le cadet de leurs soucis !
Nouveau Brunswick – l’ile aux puces bouctouche
Tant pis pour le homard bleu mais j’ai passé un bon moment avec tous ces acadiens qui prennent plaisir à divertir les gens de passage avec leur musiques, leurs traditions et leur langue, le chiac, un argot qui mélange l’anglais et le français, et leurs chicaneries. Si ce village a été monté, c’est surtout pour que les jeunes générations prennent conscience de l’histoire de leurs ancêtres et surtout n’oublient pas de la transmettre à leur tour !
A Escuminiac je trouve (enfin) mon homard bleu
Fini Shédiac, je remonte la côte en direction de la péninsule acadienne et c’est à Escuminiac, le plus grand port de pêche au homard du coin, que je vois mon premier homard bleu. J’entre dans la boutique du port et surprise, un pêcheur en a laissé un quelques semaines auparavant ! On me l’apporte, n’est-il pas mignon ?
Nouveau Brunswick – homard bleu
Là j’apprends qu’on trouve seulement un homard bleu sur 4 à 5 millions donc c’est rare. Il est bleu la faute à une erreur génétique ! Un pêcheur rêve d’en prendre un dans ses cages. C’est signe de chance et cela n’arrive qu’une fois dans sa vie… ou pas ! Ceux-ci ne sont bien sûr pas mangés. Ils sont gardés tels des animaux de compagnie pour la saison puis sont soit relachés soit donnés à un aquarium.
Nouveau Brunswick – Dans le port d’escuminiac
Ici le port est en pleine effervescence. C’est le dernier jour de pêche aux hormards et une tempête s’annonce pour le week-end alors on nettoie, on range cages et bouées. L’ambiance y est bonne, estivale, souriante.
A la sortie du port, un monument aux pêcheurs. C’est à côté de celui-ci que je rencontre Alphonse Doucette, un pêcheur à la retraite qui, en juin 1959, alors qu’il n’avait seulement que 17 ans, se retrouva au coeur de la plus grande tragédie que le village aie connu. Ce jour-là 22 bateaux coulèrent et 35 pêcheurs périrent dans une tempête que personne ne pouvait prévoir.
Nouveau Brunswick – Le pecheur d’Escuminiac
Sain et sauf grâce à un bateau dernière génération et la grande connaissance de la mer de son chef, Alphonse réussit à reprendre le chemin de la pêche 15 jours après cette tragédie et ce malgré le traumatisme et la perte de nombre de ses amis. « On remonte tout de suite sur un bateau ou on ne remonte jamais » me dit-il, « c’était mon gagne-pain, je n’avais pas vraiment le choix ».
Cette rencontre fût placée sous le signe de l’émotion et c’est ainsi que ma quête au homard bleu prit un autre sens… La prise de conscience de la dureté du travail de pêcheur et de ses risques « chaque jour un pêcheur part la boule au ventre mais évite d’y penser sinon ça ne sert à rien de continuer » mais aussi de la solidarité d’un village où toute la vie tourne autour de la pêche au homard, au saumon et au cabillaud. Les 35 hommes ont aujourd’hui leur nom sur les lampadaires du bassin comme s’ils veillaient sur leurs collègues.
Nouveau Brunswick – Port d’escuminiac hommage aux pecheurs
C’est sur cette note un peu triste que je quitte Escuminiac en direction de la péninsule acadienne, mon dernier stop avant de vivre une autre aventure au Yukon.
Péninsule acadienne, fin de la quête au homard bleu
Nouveau Brunswick – phare de Shipaggan
C’est à Shippagan que je mettrai fin à cette quête. Finalement ce défi n’en était pas vraiment un. En cherchant bien, on trouve toujours un homard bleu au Nouveau Brunswick et si on ne veut pas trop chercher, c’est direct à l’aquarium qu’il faut aller. Ludique et didactique, celui de Shippagan plait aux petits comme aux grands. On peut assiter au nourrissage des phoques et toucher crabe, étoile de mer, homard… On peut même y voir un énorme homard de 40 ans ! Impressionant.
Nouveau Brunswick – homard bleu de l’aquarium
Après une semaine au ciel aussi bleu qu’un homard, je quitte le Nouveau Brunswick, contente d’avoir enfin pu rencontrer cette bestiole devenue un peu malgré elle, l’emblême de la région. Faut dire qu’ils sont beaux non ?
Le Nouveau Brunswick : carnet pratique et conseils
Pour aller au Nouveau Brunswick depuis la France, un arrêt par Montréal s’impose avant d’arriver à Moncton. Pour le vol transatlantique j’ai volé sur la compagnie Air Transat.
L’idéal pour découvrir le Nouveau-Brunswick est de louer une voiture.
Mes bonnes adresses :
– Bed and Breakfast L’Ancrage à Saint Louis du Kent où Liane vous accueille chez elle. Vous aurez du mal à quittez ce joli B&B situé en bordure de la rivière Kouchibouguacis où l’on se sent direct chez soi ! Un vrai coup de coeur
– La hormard Mobile à Caraquet est un food truck entièrement dédié au homard… Impossible de passer à côté et idéal pour manger sur le pouce une petit Lobster roll !
– La Terrasse à Steve : situé à l’entrée de la presqu’ile de Miscou, ce restaurant/paillotte est incontournable pour manger des fruits de mer… Surtout n’oubliez pas d’écrire un petit mot sur les structures en bois pour laisser une trace de votre passage !
Important : surtout ne pas oublier de prendre un anti-moustique ! je n’en ai jamais vu autant de ma vie et ils sont vraiment hard-core (valable vers juin- juillet seulement)
Voici les réponses aux questions que vous me posez le plus souvent à propos de mes voyages, de l’organisation et des conseils pratiques.
Louer une voiture est le meilleur moyen de se déplacer de village en village dans le Val d’Orcia. C’est une région assez reculée de Toscane, inscrite à l’Unesco, notamment pour ses paysages. Si vous voulez profiter de toutes ses richesses, la voiture est indispensables. Pour plus d’information, vous pouvez consulter mon article sur le location de voiture en Toscane.
Dans la région agricole du Val d’Orcia, dormir dans agritourisme est une expérience à ne surtout pas manquer. Si vous voyagez en Toscane en été, préférez un logement avec piscine car il y fait très chaud.
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