Voyager au Vietnam à l’heure du Coronavirus : chronique d’un voyage reporté !
C’est l’histoire d’un voyage au Vietnam qui se prépare depuis de longs mois avec Philo Globetrotting et Sarah le blog de Sarah. C’est l’histoire du bonheur de repartir en Asie et découvrir le nord du pays que je ne connais pas. C’est enfin l’histoire d’un invité surprise, le coronavirus, qui débarque et chamboule tous nos projets, malgré notre volonté de ne pas céder à la panique ! A l’approche de ce séjour de 3 semaines dans le nord du Vietnam, ce n’est donc pas la peur de partir qui m’a fait faire machine arrière mais bien le Covid-19 et les restrictions mises en place par le gouvernement vietnamien. Chronique d’un départ au Vietnam reporté… Pour le meilleur !
Voyager au Vietnam coronavirus
C’est de ma retraite de 3 semaines dans les montagnes de Savoie que je vous écris. Je suis loin du coronavirus et pourtant celui-ci m’a rattrapée. Si j’écris cet article aujourd’hui, c’est pour vous exposer tout ce qui m’a amenée ces derniers jours à prendre la décision que je repoussais depuis quelques jours : reporter mon voyage au Vietnam… Une décision difficile mais qui, j’en suis sûre, me permettra de mieux partir quand les conditions de voyage seront meilleures, plus sereines et plus positives. En tout cas quand le contexte anxiogène mondial se sera évaporé.
Un voyage au Vietnam qui s’organise depuis 6 mois
Après la Thaïlande et le Cambodge, l’idée d’aller explorer le Vietnam me trottait depuis pas mal de temps dans la tête.
En octobre dernier, Sarah, Philo et moi participons à un tirage au sort sur stand du Petit Futé à l’IFTM-Top résa de Paris, un salon professionnel du voyage, pour gagner des billets d’avion pour le Vietnam ou l’Ethiopie.
Boom c’est Philo qui gagne les billets pour Vietnam.
Il est assez vite décidé que nous partirons toutes les trois pour découvrir le nord du pays. ça tombe bien, lors de mon premier voyage au Vietnam en 2004 j’avais fait un périple du delta du Mekong à Hanoi, ville où je m’étais arrêtée car la saison n’était pas la meilleure pour aller plus au nord. Visiter cette région me met en joie.
Nous entrons en relation lors du salon avec l’agence locale Asiatik travel, prête à nous aider à organiser un séjour de 12 jours pour aller à la rencontre des ethnies, faire des randonnées et du vélo dans les rizières, se balader sur des marchés…
Sarah et moi décidons même de prolonger le voyage d’une semaine pour découvrir plus amplement Hanoi et ses environs.
Le voyage s’organise doucement quand en janvier dernier le coronavirus s’invite.
Gestion du Covid-19 au Vietnam
On le sait tous, le virus vient de Wuhan en Chine. Le Vietnam a vite fermé ses portes aux ressortissants des pays à risque (Chine, Corée, Italie, Iran…) et selon l’OMS a eu une gestion exemplaire du virus.
Les flux ont beau être maitrisés, un grain de sable peut vite enrayer la machine et boom !
Partir ou pas partir au Vietnam avec ce satané Covid-19 ?
Les médias se sont vite emparés du sujet, créant confusion et psychose en France et à travers le monde… Si ma première réaction a été de ne pas céder à cette ambiance anxiogène, je me suis vite rendue compte que dans une telle situation, c’est impossible de rester insensible. Si je suis en bonne santé et ne risque a priori pas grand chose, j’ai forcément dans mon entourage des personnes vulnérables auxquelles je dois aussi penser.
Suis-je à ce point irresponsable de vouloir voyager et peut-être contribuer à la propagation d’un virus ? J’ai assez râlé après ces voyageurs qui ne se font pas vacciner et qui apportent avec eux la rougeole dans des zones où celle-ci avait été éradiquée (et qui parfois n’ont pas les moyens sanitaires de lutter contre une nouvelle infection). Serais-je égoïste à ce point ?
Dans ma tête j’avoue que tout est brouillon, confus. Que faire ? Je suis partagée entre l’envie profonde de partir et découvrir le nord du Vietnam et la raison, cette petite voix qu’il faut parfois savoir écouter pour mieux rebondir par la suite.
Je pars, je ne pars pas, je pars, je ne pars pas…
Quand les choses s’inversent : le Vietnam dicte ses règles
Tout s’enraye début mars quand une vietnamienne revient d’Europe avec le virus…
Nous y sommes, les choses s’accélèrent.
Si hier la peur du coronavirus pouvait nous inciter à annuler ou reporter un voyage, aujourd’hui et au regard de la propagation rapide du Covid-19 à travers l’Europe, il est clair que la décision ne nous appartient plus. Ce sont les états qui décident les uns après les autres de notre sort.
Retour sur mon carnet de bord d’un départ avorté !
Carnet de départ au Vietnam à l’heure du Covid-19
Février 2020
On commence à parler sérieusement du Coronavirus. Les premiers cas sont déclarés en France et le gouvernement français décide de passer en stade 2. Le Vietnam lui continue de gérer assez bien cette crise. Pas de raison d’annuler ou reporter le voyage pour le moment.
L’Italie devient un gros foyer de coronavirus et la France n’y coupe pas non plus. Dans une moindre mesure mais…
Mi-février Sarah décide d’annuler le voyage, elle ne se voit pas voyager avec un masque et flipper… Elle pense à sa santé et celle de son entourage.
Sujet acté. Son billet d’avion est annulé !
1ère semaine de mars : déclaration médicale obligatoire
Le Vietnam impose une déclaration médicale à remplir en ligne avant l’arrivée dans le pays. Vous pouvez la consulter ou la remplir ici. Cliquez sur le drapeau bleu-blanc-rouge pour le remplir en français.
2ème semaine de mars : les conditions d’entrée au Vietnam se durcissent
Les conditions d’entrée au Vietnam se durcissent. Le Quai d’Orsay conseille à tous les voyageurs au Vietnam de reporter leur voyage. La mise en quarantaine pend au nez de ceux qui arrivent d’une zone à risque ou ayant été sur un vol avec un cas avéré. La France et de nombreux pays européens en font partie.
Je reçois ce jour-là un mail de la part d’Agoda, site sur lequel j’avais fait ma réservation : « Nous sommes au regret de vous informer que l’établissement Graffiti House n’est pas capable d’honorer votre réservation car ils ferment due à la situation causé par le nCoV à Truc Bach-Hanoi ».
En cherchant des informations sur le site de l’Ambassade de France au Vietnam, il s’avère qu’un cas de Covid-19 s’est déclaré dans la rue de cet hôtel et le gouvernement a demandé la mise en quarantaine du quartier.
Les nouvelles du Vietnam ne sont pas bonnes. Une Vietnamienne a ramené le virus d’Europe le 2 mars dernier et les choses s’affolent. Tu Do de l’agence locale Asiatik Travel qui a organisé nos 12 jours dans le nord du pays, nous annonce que des hôtels refusent de servir des clients, que des bateaux dans la baie d’Halong sont en quarantaine…
A lire sur Ouest France : Coronavirus : des français bloqués au Vietnam
Le premier ministre du Vietnam annonce qu’il supprime l’exemption de visa pour 7 pays européens et le Royaume-Uni. Cette décision prend effet le 12 mars 2020 minuit.
Je me lève, vois les stories et la publication sur Facebook de One day One travel. Franck et Richard sont au Vietnam depuis quelques jours et expliquent la difficile décision qu’ils ont pris de quitter le Vietnam.
Je décide d’écrire à Tu. Les nouvelles sont de moins en moins bonnes :
des hôtels sont mis quarantaines, d’autres refusent tout simplement d’accueillir les européens
des lieux emblématiques de Hanoi ferment leurs portes au public comme le temple de la littérature ou le musée ethnographique
le risque de mise en quarantaine des ressortissants français à l’arrivée ou n’importe où ailleurs dans le pays est fort
Des bateaux de la baie d’Halong sont en quarantaine, la baie de Lan Ha et Tam Coc n’accueillent plus les ressortissants européens et à ce que je lis sur certains forums, d’autres régions pourraient rejoindre ces deux-là dans les jours à venir.
Les vietnamiens ont peur et préfèrent prendre leurs précautions, m’explique Tu. Prévenir plutôt que guérir. C’est compréhensible. Les mentalités sont différentes et je le sais bien moi qui visite les pays d’Asie depuis de si nombreuses années. Il faut s’adapter et surtout ne pas juger.
Je lui demande donc d’être honnête avec nous. Il me dit qu’il vaut mieux être raisonnable et reporter ce voyage. Je loue son courage, lui qui vit du tourisme. La situation est difficile pour lui et tous ses confrères actuellement. Comme toute l’industrie touristique mondiale d’ailleurs.
Il me faut trouver la juste balance entre la raison et l’envie. Dans ces conditions, la décision n’est pas si difficile à prendre.
Un mail à Vietnam Airlines qui m’accompagnait sur le projet et mon voyage est reporté à une date ultérieure. Je ne sais pas quand. Il faut laisser les choses s’apaiser et savoir rebondir dès que le pays sera de nouveau près à nous accueillir sereinement, avec le sourire et l’envie surtout.
Je prends tout cela avec beaucoup de philosophie. Je ne veux pas faire partie de ceux qui veulent voyager coûte que coûte. Je voyage pour partager, rencontrer et découvrir d’autres cultures. Ce coronavirus vient tout bousculer et les conditions ne sont pas réunies pour partir dans un contexte positif et propice aux échanges.
« Arrêtez de véhiculer des informations anxiogènes, pensez aux locaux » m’a t-on dit sur les réseaux sociaux alors que j’intervenais sur un forum pour faire part de la situation actuelle au Vietnam. En prenant cette décision, je pense justement aux locaux. Je ne les abandonne pas, je suis solidaire et recule mon projet pour mieux profiter du Vietnam d’ici quelques mois, quand ce virus ne sera qu’un mauvais souvenir. Je serai là !
Le monde doit se découvrir avec bienveillance. Arrêtons d’être égoïste. Pensons aussi et avant tout à ceux qui nous entourent et qui nous font grandir.
Il faut se rendre à l’évidence : les ressortissants français commencent à être interdits ou mis en quarantaine dans de nombreux pays ou villes : Israël, Moscou, Salvador, Inde, Jordanie, Colombie, Argentine et la liste s’allonge de jour en jour.
Planifier un voyage n’importe où dans l’Europe ou le monde à l’heure actuelle n’est pas raisonnable.
On ne peut pas prôner un tourisme responsable et solidaire et faire n’importe quoi à l’heure du Covid19. Sachons raison garder, relativisons et restons chez nous en attendant que virus se passe !
[separator type= »thin »]
A compter du 12 mars minuit, l’exemption de visa est suspendue par les autorités vietnamiennes pour les ressortissants français ainsi que 7 autres pays de l’UE et le Royaume-Uni.
Pour entrer au Vietnam, il faut maintenant faire une demande de visa à l’ambassade du Vietnam avec certains justificatifs (santé, déplacements au Vietnam…) et les délais peuvent être très longs. Les autorités françaises recommandent dans ce contexte de reporter votre voyage.
Si cela ne vous dissuade pas encore, je vous recommande d’aller faire un tour sur la page Tourdumondiste – La communauté sur Facebook, de nombreux voyageurs sur place partagent leur quotidien au Vietnam et ce n’est pas forcément très drôle (barrages militaires, mises en quarantaine, refus dans les hôtels, fermetures de restaurants, fermetures progressives de sites emblématiques…). Pour information, les autorités viennent d’annoncer la fermeture de la baie d’Halong.
Edit 13 mars : je vous invite aussi à lire l’article le tour du monde pendant le coronavirus de Pierre et Matthieu qui sont actuellement au Vietnam et racontent leurs conditions de voyage en Asie depuis le début de l’épidémie (pandémie maintenant), notamment ces derniers jours où la situation se complique pour eux.
Edit 14 mars : Les autorités vietnamiennes refusent l’accès à leur territoire à compter du 15 mars 12h00 toute personne en provenance de l’espace Schengen.
Si toutefois vous décidiez de partir malgré tout au Vietnam, voici les conseils que je peux vous donner :
Portez un masque même si vous n’êtes pas malade ou n’avez pas de symptômes, les vietnamiens apprécieront ce geste de votre part
Lavez-vous les mains souvent avec du savon ou à défaut du gel hydroalcoolique
Ne serez pas la main, ne faites pas la bise
Eternuez dans votre coude
Restez à un mètre les uns des autres
Utilisez des mouchoirs à usage unique
Pour connaitre les dernières informations sur les conditions d’entrée au Vietnam, je vous invite à vous rendre :
Ironie du sort : mon visa a été validé aujourd’hui mercredi 11 mars.
Je ne change pas d’avis. Je reste en France.
Cet article contient des liens d’affiliations. En cliquant sur ces liens, il se peut que je perçoive une commission, ça ne vous coûte pas plus cher mais ça m’aide à entretenir ce blog et vous offrir du contenu gratuit.
Voici les réponses aux questions que vous me posez le plus souvent à propos de mes voyages, de l’organisation et des conseils pratiques.
Louer une voiture est le meilleur moyen de se déplacer de village en village dans le Val d’Orcia. C’est une région assez reculée de Toscane, inscrite à l’Unesco, notamment pour ses paysages. Si vous voulez profiter de toutes ses richesses, la voiture est indispensables. Pour plus d’information, vous pouvez consulter mon article sur le location de voiture en Toscane.
Dans la région agricole du Val d’Orcia, dormir dans agritourisme est une expérience à ne surtout pas manquer. Si vous voyagez en Toscane en été, préférez un logement avec piscine car il y fait très chaud.
Recevez chaque mois mes meilleures inspirations voyage, mes bons plans testés et mes conseils d’experte — directement dans votre boîte mail.
En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les emails de Voyagesetc. Vous pouvez vous désinscrire à tout moment via le lien présent dans chaque email, conformément à notre politique de confidentialité.
Gérer le consentement
Pour offrir les meilleures expériences, nous utilisons des technologies telles que les cookies pour stocker et/ou accéder aux informations des appareils. Le fait de consentir à ces technologies nous permettra de traiter des données telles que le comportement de navigation ou les ID uniques sur ce site. Le fait de ne pas consentir ou de retirer son consentement peut avoir un effet négatif sur certaines caractéristiques et fonctions.
Fonctionnel
Toujours activé
L’accès ou le stockage technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’utilisateur, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
L’accès ou le stockage technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou l’internaute.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques.Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
L’accès ou le stockage technique est nécessaire pour créer des profils d’internautes afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’utilisateur sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.