Prendre une année sabbatique et faire un tour du monde, c’est décider d’une pause dans sa vie professionnelle. C’est se donner l’occasion de réaliser un rêve, de prendre du recul sur son quotidien et de vivre sa vie plutôt que d’en être spectateur, comme cela devenait mon cas.
Pour beaucoup, voyager est synonyme de plages de sable blanc, de mer turquoise, de doigts de pieds en éventail, de repos,… Bref de vacances loin du stress de la vie quotidienne. Le voyage au long cours est loin d’être aussi zen. Aussi quand on me dit quotidiennement en ce moment, avec le sourire en coin et beaucoup d’assurance, que j’ai eu « un an de vacances et qu’il faut laisser la place aux autres », ça a le don de m’hérisser les poils.
8 raisons de penser qu’une année en tour du monde n’est pas tous les jours synonyme de vacances et de repos :
Voyager à long terme, c’est avoir un minimum de sens de l’organisation et de savoir faire face à un maximum d’imprévus. Mieux vaut ne pas oublier au départ les fonctions adaptabilité et débrouillardise. Où aller ? Quelle direction prendre ? Par quel moyen de transport se déplacer ? Quel jour ? A quelle heure ? Où dormir ? Ah le train est annulé ? ah le bus en correspondance est à 6km d’ici ? Ah il y a un conflit qui a fait 10 morts à Bangkok aujourd’hui et j’y serai dans 2 jours ? C’est la guerre à Rio, quoi ? Ben me voilà bien !
Conflit des chemises rouges, Bangkok Avril 2010
Voyager c’est perdre ses repères et savoir s’adapter à toutes situations. C’est bouger très régulièrement, changer de ville, de maison et d’amis tous les deux ou trois jours. C’est dormir dans un dortoir avec un voisin de chambrée qui réveillerait un sourd vu le niveau sonore de ses ronflements (vive les boules Quiès). C’est dormir dans des lits inconfortables, aller dans des toilettes bizarres, se laver dans des douches pas forcément très propres, ni forcément très chaudes… Imaginez-vous en train de prendre une douche froide au réveil à 4000m d’altitude un matin d’hiver en Bolivie. Toute une aventure et une concentration !
Toilettes à l’Indienne… A la Turc mais sur pied. Mouais…
Voyager, c’est vivre avec des autochtones qui ne parlent ni votre langue, ni l’anglais et qui parfois souvent vous voient comme un portefeuille ambulant. Il faut devenir maître en détection de l’entourloupe. Etre zen et imaginatif pour faire face à toutes situations. Je vous conseille vivement de relire mon expérience de réservation d’un billet de train en Inde ici, mon arrivée à Delhi ici ou mon bilan sur le Népal là et vous comprendrez vite que la vie d’un voyageur au long cours n’est pas un long fleuve tranquille.
Marché à Pékin
Voyager, c’est passer un nombre incalculable d’heures(enfin si j’ai fait ce calcul mais je vous en reparlerai dans un autre billet) dans les transports locaux, dans des bus vieux de sans âge et au confort rudimentaire… Sans chauffage quand il fait froid, sans climatisation quand il fait chaud, à 25 dans un minibus de 12 places. Je vous recommande spécialement 3 heures de Tuk-Tuk assis sur un banc, serrés comme des grains de riz dans une casserole, avec votre voisin qui vous tombe dessus parce qu’il s’endort et racontez-moi à quel point vous êtes zen. Dans un autre genre, je vous recommande aussi une nuit dans un bus défoncé entre Uyuni et la frontière argentine avec une température ambiante à -12°C, votre duvet dans la soute à bagages et dites-moi si vous vous sentez reposé au petit matin.
Voyager, c’est parfois avoir les nerfs mis à rude épreuve. Mon top du top dans ce domaine, il faut aller le chercher au Cambodge, dans les rues de Siem Reap, ville étape pour visiter les temples d’Angkor. Impossible de faire 3 pas sans se faire héler par des petits cambodgiens n’ayant qu’une phrase à la bouche : « Tuk Tuk Lady ? ». Au début on a de l’humour, le sourire, la banane. Au bout de 4 jours, on se réfugie à l’hôtel, dans un café, sous une table, on met des boules Quiès (très utiles les boules Quiès – Cf point n°2), des cache-oreilles bref on regorge d’imagination pour ne plus entendre ce fameux « Tuk Tuk Lady ? » dont il vous arrive même de rêver tellement vous l’entendez. Je vous mets au défi de passer 4 jours dans les rues de Siem Reap et de rester patient.
Voyager, c’est avoir un « radar de détection de problèmes » branché en permanence. Un manque de vigilance de quelques secondes suffit pour se faire voler un sac, un passeport, une carte de crédit, un appareil photo, son ordinateur et par la même occasion son année de photos… Mieux vaut avoir ce radar branché sous peine de vite se retrouver à nu, à sec, en dépression, bref en galère ! Selon les pays, le « radar de détection de problèmes » peut décharger les batteries du voyageur vite, très vite. C’est généralement à ce moment-là qu’une pause « vacances » s’impose !
Voyager au long cours et de surcroit seul(e), c’est éprouver des périodes de « Traveling Blues ». Le billet de Sarah à ce sujet sur leblogdesarah.com à lire ici, est assez représentatif de cette fatigue que chaque voyageur peut ressentir à un moment donné de son aventure. Après partage de cette expérience avec plusieurs globetrotteur (ses), ce petit coup de « moins bien » est inévitable. Je l’ai éprouvé au 8ème mois de mon voyage, en arrivant en Amérique du Sud. Voyagez seul(e) 11 mois et venez me reparler de repos.
Bloguer c’est travailler. Et bien oui figurez-vous ! Pour raconter ma petite aventure, j’ai passé de nombreuses heures à trier les photos, les réduire, écrire, corriger, recorriger. Figurez-vous qu’un petit post que vous mettez à peine une minute à lire, me prend entre une ½ et une journée à mettre en ligne… Voire plus en cas de crise de perfectionnisme aigüe ! Fabrice du site instinct-voyageur.fr a d’ailleurs fait un article assez intéressant sur « bloguer et voyager » que vous pourrez lire ici. Vous comprendrez que bloguer est un travail. Savoir profiter de son voyage et le partager, c’est le défi.
Prendre une année sabbatique pour voyager, c’est effectivement s’octroyer une période dans sa vie où l’on ne s’impose aucune contrainte, où la vie semble plus facile que la normale, où l’on vit en fonction de ses envies et de ses rencontres. De là à dire que c’est s’octroyer une année de vacances, tout est relatif. L’aventure est exceptionnelle. Chaque instant de vie, que ce soit une belle rencontre ou une mini-galère, se transforme en souvenir. C’est une année où l’on vit intensément à l’école de la vie. On en revient forcément différent, avec un recul qui en déconcerte plus d’un.
Je recommande vivement cette expérience à tous ceux qui sont en mal d’aventure(s) et de rencontres mais surtout ne partez pas en pensant passer un an en vacances.
Et vous qui avez vécu ce genre d’expérience, qu’en pensez-vous ?
Mes conseils sur la location de voiture en Laponie avec DiscoverCars
Voici les réponses aux questions que vous me posez le plus souvent à propos de mes voyages, de l’organisation et des conseils pratiques.
Le prix d’une voiture de location de voiture en Laponie dépend du modèle que vous allez louer, de la saison, de votre anticipation et de la durée. Je vous conseille aussi de louer le plus tôt possible avant votre départ pour bénéficier des meilleurs prix. Il faut compter à partir de 600€ environ pour une semaine en hiver sur un modèle type Volkswagen Golf. Vous pouvez utiliser un comparateur du type Discovercars pour comparer les prix selon les modèles. Faites bien attention à la notation des loueurs quand vous choisirez votre voiture.
Je recommande de prendre une couverture complète quand on loue une voiture en Laponie. Avec la neige, on n’est jamais à l’abris de fissurer un parechoc ou d’avoir un quelconque problème. J’ai eu le problème de parechoc fissuré et j’ai été contente d’avoir souscrit à cette couverture car j’ai été remboursée de la franchise prélevée le jour de mon départ en 3 jours.
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