Série photo : Vues sur la Provence
Comme beaucoup de régions françaises, la Provence est riche. Riche de ses villages, riche de sa nature verte, riche de son soleil qui font du bien en plein hiver pour la fille du nord que je suis. Adi…

« Etre conscient de la difficulté permet de l’éviter » Lao Tseu
Dans le microcosme des voyageurs au long cours, il est une légende… Celle-ci raconte l’histoire d’un voyageur qui serait désorienté au retour d’un fabuleux voyage. Selon cette même légende, il faudrait environ la moitié de la durée de son aventure pour se remettre sur les rails d’une « vie normale ». Alors, légende ou pas ? J’ai décidé de vous parler sans tabou de la gestion d’un retour à la réalité bien plus difficile à vivre qu’on ne se l’imagine.
Il y a plus d’un an et demi, je partais pour un long voyage à travers le monde sans vraiment savoir à quoi m’attendre. En écrire les (très) grandes lignes, en organiser le minimum et vivre au jour le jour sans savoir de quoi le lendemain serait fait, tels étaient mes modestes objectifs et ambitions avant de partir. J’avais tout simplement envie de me laisser surprendre par mes rencontres et l’imprévu. Dès mon arrivée en Inde je sus que ce voyage serait fait pour moi. Je me souviens encore de cette petite danse à 3h du mat’ dans ma guest house pourrie de Chennai où je me suis dit « ça y est, tu y es, profite ». Au fur et à mesure que l’aventure avança, j’en appris plus sur la vie d’un voyageur au long cours. Voici ce que je découvris.
Bref vous l’aurez certainement compris, je découvris que voyager au long cours était comme vivre un retour à l’essentiel et apprécier la vie dans tout ce qu’elle a de plus simple.

Quand on a vécu tout cela et bien plus encore, revenir à notre vie d’avant, à une vie que certains disent « normale », c’est prendre une grande claque, un coup de massue sans s’y attendre ! Passée l’étape un peu grisante des retrouvailles avec les proches, bienvenue dans Lost in translation dans son pays natal. Le choc est grand et chaque jour on se demande pourquoi on est rentré et quand est-ce qu’on repart ? Voici en vrac quelques situations auxquelles on doit malheureusement faire face :
Heureusement, dans tout ce marasme, certains ont su me comprendre, ne pas me juger et accepter que je revienne différente. Ils ont été là et je les en remercie. J’espère en avoir aider certains avec ma force et mon recul, à réfléchir au sens de leur vie et peut-être envisager leur avenir différemment.
A tous ceux qui sont encore sur la route, sachez que rentrer c’est prendre conscience et de façon assez rapide et brutale, de tous les changements que ce voyage a opéré en vous ! La difficulté est de se retrouver UNE place et peut-être pas SA place. De trouver le recul nécessaire pour se dire qu’on ne peut pas en vouloir à la société d’être ce qu’elle est et de reprocher aux autres d’être ce qu’ils sont. C’est nous qui avons changé et c’est à nous seul de trouver la force pour se réacclimater dans un pays où rien n’a changé ou presque, où la prise de risque est quasi nulle ! Il faut apprivoiser le temps et éviter de retomber soi-même dans ce piège de l’individualisme, de l’anxiété, du stress. Il faut essayer de se souvenir quotidiennement de toutes les leçons de vie acquises au long de son voyage pour s’aider à surmonter l’épreuve du retour.
Je repense souvent à tous ces sourires en Asie. Je me souviens des enfants de Yanapai au Pérou et de leur envie de se surpasser pour gagner un stylo Bic. Je me souviens des échanges avec le directeur de l’école de Kadaikanal en Inde. De son envie, à sa petite échelle, de donner une bonne éducation à quelques enfants et peut-être demain en sortir un ou deux de la misère. Je me souviens de la sérénité des moines birmans alors qu’il y a quelques années ils étaient au coeur du conflit qui les opposait à la junte militaire. Je me souviens de mes 5 jours à Valparaiso au Chili dans une petite pension tenue des hommes au coeur incommensurable. Je me souviens de cette femme au Cambodge qui gagnait 40$ par mois et qui suivait quotidiennement des cours d’anglais en se disant que grâce à cela demain serait meilleur qu’aujourd’hui. Je me souviens de ce porteur au Népal qui avait plus 30 kg sur son dos (alors que la loi n’en autorise qu’une vingtaine), la faute à des touristes peu scrupuleux. Le voir peiner et comprendre qu’il ne gagnera que 3$ par jour pour ce travail pénible. Je me souviens de cette vieille femme en Inde qui m’a offert deux bracelets pour lui avoir laissé ma place dans le bus. Je me souviens de toutes ces personnes qui m’ont accueillie, accompagnée le temps d’une journée, d’une soirée, de quelques jours.
Je me souviens et je relativise.
Bientôt 9 mois que je suis rentrée. Les moments de solitude et le décalage s’estompent mais l’envie de repartir est toujours là. Pour palier à ce mal-être du retour et l’incompréhension de mon entourage, je vois régulièrement d’autres voyageurs au long cours, eux aussi de retour en France, eux aussi parfois déphasés. Le temps d’une soirée, nous partageons nos aventures. On se comprend et on ne se juge pas. Ces rencontres me permettent d’équilibrer ma vie et de parler de mes aventures sans reprocher à d’autres de ne pas s’y intéresser, de ne pas me comprendre ou de mal interpréter mes maux.
Si vous vous reconnaissez dans instants de vie, dans ces mots et que vous aussi vous vous sentez en décalage, avez besoin de revivre un peu de votre aventure, de parler à des gens qui vous comprennent, venez rejoindre le Cercle amateur des voyageurs au long cours anonymes. Nos rencontrent se passent à Paris alors si vous êtes dans le coin et que l’envie vous dit, n’hésitez pas à m’envoyer un mail et l’adresse de votre blog si vous en avez un et je ne manquerai pas de vous inviter à notre prochaine rencontre.
A très vite.
Update 31 août 2012 : le cercle des amateurs s’est transformé en association Les Passeurs d’aventures et nous organisons des ©Apérovoyageurs à Paris et en Province. Pour tout savoir, il suffit de se connecter à la page Facebook ou au compte Twitter @PassDav
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