Europe
30/11/2015
Carrapateira est un petit village de l’Algarve au Portugal que l’on traverse sans vraiment y prêter attention, sur la route entre Faro et Libonne. S’y arrêter c’est pourtant l’adopter ! La mer, le surf et la randonnée sur la route vicentine vous attendent.
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C’est le hasard qui m’a mise sur la route de Carrapateira. Le hasard de mes errances sur internet…
Quand j’ai décidé de partir en vacances au Portugal en octobre dernier, je cherchais un endroit situé en bord de mer, reculé, sans trop d’internet et avec la nature à proximité. Mes recherches m’ont menée à une petite pension située dans ce village où j’ai directement réservé 4 nuits.
Arrivée en milieu d’après-midi ce jour-là depuis la péninsule de Sagrés où je m’étais arrêtée 2 jours, je passe devant la petite pension sans la voir. Je sors du village, passe la dune et arrive sur les falaises. Une seule réaction arrivée là-haut : « wow »… Je n’ai qu’une envie : me garer, arrêter la voiture et me poser sur le petit banc situé face à la mer. Je crois que c’est à ce moment précis que je suis tombée amoureuse de Carrapateira. J’ai su instantanément que j’allais m’y plaire et que j’avais trouvé mon petit paradis au Portugal.
Comme une évidence. Vous connaissez ce sentiment ?
Après cette pause indispensable pour réaliser que je n’étais pas dans un rêve, je reprends mon chemin, celui qui longe l’océan atlantique, et la vue est de plus en plus belle. Toujours trop belle pour être vraie et pourtant… Ici se croisent les surfers en van et les retraités en camping-car… Un doux mélange qui donne une atmosphère sympathique à un village où la vie est rythmée par la mer, les vagues, le soleil et la nature en général. Une première impression qui ne fera que se confirmer et de s’amplifier au fil des jours.
Mon étourderie passée, je pousse le portail de la pension des dunes et découvre une courette harmonieusement fleurie au fond de laquelle se trouve une maison colorée de bleu et de jaune, d’un style typiquement portugais. Eduardo m’accueille avec le sourire et me mène à ma chambre, la numéro 9. Elle aussi décorée de jaune et de bleu, elle respire et transmet la bonne humeur ! Je n’ai pas le temps de m’y attarder, le soleil se couche tôt en hiver, je ne résiste pas à la tentation de profiter des lumières du soir dans mon nouveau petit paradis.
Durant 4 jours, j’ai construit mon séjour de petits bonheurs simples sur les sentiers de la côte vicentine. Prendre la voiture et emprunter des chemins de traverse, garer ma voiture et me balader parfois dans les dunes, d’autres fois à travers les bruyères en fleurs. J’ai aimé confier mon voyage au hasard et être surprise.
Voici un petit medley photographique de mes journées :
La journée est courte. Après mon installation à la pension, je reprends la route de la mer et m’installe pour voir le soleil descendre doucement dans la mer et se refléter dans les falaises. Un moment suspendu. Tranquille sans personne autour.
Le temps est couvert ce matin-là, je laisse la rando que je comptais faire pour le lendemain et prends la direction du nord. J’ai repéré une petite route juste avant le village d’Aljezur (la route M1003-1) qui fait une boucle et me fait de l’oeil. Situé à une vingtaine de kilomètres de Carrapateira, elle est très facile d’accès.
Mes errances me mènent au petit village de Monte Clerigo. Un peu désert hors-saison il faut l’avouer mais une belle carte postale entre terre et mer. Construit à flanc de colline, entre plage et dune, j’ai passé quelques heures à me balader dans les alentours. Des paysages comme ceux-là incitent à la méditation et surtout me confirment que j’avais besoin de faire le vide. Ne penser à rien. Juste à être bien !
Entre temps le soleil est revenu, je reprends ma route en direction du village d’Arrafina où je m’arrête déjeuner. Je repère de belles falaises un peu au nord, je décide donc de reprendre la voiture et me perdre par là. J’emprunte un chemin, traverse des fermes un peu en ruines mais avec quelques chiens de garde puis arrive là, au milieu d’un champ de bruyères. Un joli contraste de vert, de bleu, de violet… Je me pose, seule dans ce paysage désert. C’est magique.
Je laisse la voiture pour la journée et marche de la plage de Bordeira à la plage de Amado. Ce jour-là j’éprouve un vrai sentiment de liberté. J’en ai les larmes aux yeux. Il faut dire que les attentats du 13 novembre se sont déroulés quelques jours plus tôt alors seule dans ce paysage magique, je pense aux victimes, à leurs familles et à la barbarie de ces événements. Je ne maitrise pas mes larmes, accentuées par le vent de face qui frôle doucement mon visage.
Le vent souffle sur le haut des falaises mais marcher au bord du vide dans ces paysages de rêve, c’est assez grisant.
Après une pause à la pension, je décide d’aller boire une petite bière au foodtruck de la plage do Amado. J’avais pris mon livre mais happée par l’atmosphère, j’ai plutôt observé la vie de cette plage à l’ambiance sportive et familiale. Au coucher du soleil, les uns viennent surfer en solo ou entre amis, les autres viennent promener le chien sur cette grande bande de sable blanc, idéale pour débuter le surf si j’en crois l’école qui surplombe la baie. Il faut demander Ricky, il parait que c’est le meilleur prof de la plage !
Ce matin-là je n’ai pas de plan. Au petit-déjeuner je retrouve les deux allemandes qui comme moi se reposent dans le coin et qui me proposent de se joindre à elle pour une petite balade. Agnès, la propriétaire de la pension, leur a proposé de les accompagner à un endroit secret à 10 kilomètres au sud de Carrapateira. Banco.
Nous prenons la voiture et nous engouffrons de nouveau sur un chemin, celui-ci est bordé d’Arbusiers dont les fruits se récoltent à l’automne. En bas de ces falaises, deux plages où l’eau s’engouffre dans des caves, accessibles à marée basse. Agnès voulait nous y emmener mais malheureusement le coefficient de marée n’était pas suffisamment bas pour que nous puissions pénétrer dans celle-ci. Pas grave. Partie en repérage, Agnès nous rapporte des moules qu’elle nous cuisinera avec coeur le soir-même.
La balade est fantastique. Encore une fois quel sentiment de liberté que de se balader dans ces paysages infinis, seules. Quelques pêcheurs sont là à flanc de falaises ou sur des rochers accessibles seulement par des cordes. Il ne faut pas avoir peur du vide. C’est vertigineux par là…
Je suis triste. Je n’ai pas envie de partir même si je sais que d’autres belles découvertes m’attendent, je sais d’ores et déjà que je ne retrouverai pas de petite pension comme celle des dunes. Ici je me suis posée, reposée. J’ai trouvé une maison plus qu’un hôtel. J’ai aimé les petits-déjeuners où randonneurs, surfers et vacanciers se retrouvent autour de la grande table de ferme. Faits maison avec des produits de producteurs locaux, il sont délicieux. Je ne m’attendais pas à ça. Ici j’ai aussi aimé le soleil qui s’engouffrait dans ma chambre au coucher du soleil. J’ai aimé l’atmosphère familiale, simple et authentique enrichie par le sens de l’accueil inégalable d’Agnes et Eduardo autour desquels tout le monde se retrouve.
Ils font partie de l’association de la Rota Vicentina et participent à l’entretien des sentiers. Ils connaissent la région comme leur poche et ne sont pas avares de conseils !
Leur site internet : Pensao das dunas
Adresse :
Pensão das Dunas
Rua da Padaria, 9 – Carrapateira
P-8670-230 Bordeira
EMail : pensao (point) das (point) dunas @ gmail (point) com
Prix : très accessible. Pour 4 nuits + 4 petits déjeuner j’ai payé 130 euros (tarif hors saison)
Les deux aéroports les plus proches de Carrapateira sont Faro et Lisbonne. De France, ces aéroports sont assez bien desservis. Pour arriver en Algarve, j’ai pris un vol pour Faro sur Transavia, la compagnie low cost du groupe Air France. Elle assure des vols réguliers et c’est l’aéroport le plus proche de Carrapateira.
Pour trouver d’autres compagnies depuis votre ville de départ et comparer les prix, je vous conseille le comparateur Skyscanner.
Pour ce road trip au Portugal entre Faro et Carrapateira, j’avais loué une voiture via Discovercars, le comparateur de prix. Partie hors saison, j’avais payé un prix assez dérisoire. Ce qui m’avais couté le plus cher était le fait de prendre ma voiture à Faro et la laisser à Lisbonne.
Si Pensão das dunas affiche complet, il y a quelques autres établissements à Carrapateira, pas beaucoup car c’est un petit village, il vous faudra donc peut-être vous éloigner pour en trouver un à votre goût et dans vos prix.
Dans le village, les mieux côtés sont la Casa Fajara, la casa da Estela ou Carrapateira lodge. Un peu plus loin, mais là il vous faudra avoir ou louer une voiture, vous trouverez la bohème chic Monte da Vilharhina ou le Pure Flor de Esteva B&B à la jolie décoration à Vila do Bispo. Et si vous cherchez une maison à louer, alors la Casa Bordeira bénéficie d’un bon accueil.
A une dizaine de kilomètres au nord, la ville de Aljezur offre aussi de belles propriétés comme la Endless summer surf house ou Herdade Quita natural tourismo rural.
La vie est tranquille à Carrapateira et surtout on ne s’y ennuie pas. A pied ou en voiture, il faut oser emprunter les petits sentiers, les chemins de traverse pour être étonné et surpris. Autour de Carrapateira il faut ouvrir les yeux et se laisser émerveiller par la nature, par le vide et la solitude. Parfois ça fait du bien.
Ce village est certainement l’endroit où je retournerai avec plaisir quand j’aurai besoin d’une petite retraite, de faire le vide et sortir pour quelques jours du rythme infernal de ma vie. Je ne me suis jamais lassée d’emprunter la route de la plage (estrada da praia) qui passe à l’arrière du village et qui surplombe l’océan. Les couleurs changent au fur et à mesure que la journée avance, il y a de nombreux pontons sur lesquels il y a des bancs où s’asseoir pour profiter des vues.
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