Le jour où… je suis allée à la mine à Potosi
Potosi est la ville minière de Bolivie. On y dénombre 300 mines dont 33 encore actives et 10 000 mineurs en activité. A l'heure où les mineurs chiliens sortent enfin de leurs 3 mois de calvaire, est-i…
Aucun voyageur ne peut aujourd’hui ignorer l’impact de ses voyages en avion sur l’environnement et le climat. Si j’essaye de réduire au maximum mes déplacements en aérien, ce n’est pas toujours possible de les éviter principalement, pour ce qui me concerne, pour des raisons professionnelles. A l’heure où 60 youtubers lancent des défis à leurs fans pour protéger la planète, je me suis intéressée à mon empreinte carbone 2018 et la question de sa compensation et me dis, chères ami.e.s lectrices et lecteurs que vous pourriez peut-être en faire autant. Combien j’émets de CO2 en voyageant en avion ? Comment puis-je compenser mes émissions de gaz à effet de serre ? Combien cela me coûterait-il ? Quels sont mes objectifs pour réduire mon impact en 2019 ? Et au quotidien, quelles actions je mène ? Je vous dis tout de ma démarche, de mes recherches, de mes objectifs futurs pour éventuellement vous inciter vous aussi à agir en faveur de notre jolie planète.
Selon le GIEC, le transport aérien représente aujourd’hui 2 à 3% des émissions de CO2 d’origine humaine. Parallèlement l’association internationale du transport aérien (l’IATA) estimait en 2016 le doublement du nombre de passagers d’ici à 2035 (soit 7,2 milliards par an contre 3,8 en 2016). Qui dit augmentation de trafic, dit augmentation de la pollution non ?
Il faut donc agir et la voyageuse compulsive que je suis en a bien conscience !
En septembre dernier je suis partie en Australie avec des blogueurs allemands dont mon amie Nina Smaracuja. Lors de l’une de nos soirées, nous avons discuté de notre empreinte carbone, de comment nous allions compenser nos vols et surtout avec quel organisme. C’est un sujet dont on parle rarement (voire pas du tout) sur les blogs aussi je me suis dit que c’était intéressant pour une fois d’aborder le sujet et sans langue de bois. Depuis mon retour je me suis donc vraiment intéressée au sujet. Alors que la fin de l’année approche et qu’il ne me reste qu’un voyage d’ici à la fin décembre, j’ai trouvé que c’était le bon moment pour me pencher en profondeur sur mon cas et de faire le bilan carbone annuel de mes voyages.
En 2018 j’ai levé le pied sur mes voyages enfin c’est ce que je pensais jusqu’à ce que je fasse le calcul ! Si dans les fait j’ai effectivement beaucoup moins voyagé que les années précédentes, j’ai quand même vraiment encore TROP PRIS L’AVION. Les chiffres vont certainement vous choquer mais j’ai décidé d’être très honnête, d’abord avec moi-même, pour mesurer réellement l’impact de mes voyages et pouvoir travailler dessus dans les années à venir. C’est l’un des mes engagements envers la planète.
En 2018, je suis partie 9 fois en voyage : 3 personnels, 6 pour des reportages (mon prochain et dernier voyage est inclus dans ces chiffres)
Pour ces 9 voyages j’ai pris 35 fois l’avion et 10 fois le train. ça change pas mal la donne de ne plus habiter dans la capitale, ça rajoute souvent une escale pour aller prendre un long courrier à Paris, Londres ou Amsterdam.
Tous ces trajets représentent environ 22 tonnes d’émissions de CO2 soit 12 fois ce que la terre peut supporter par personne par an
Ce n’est pas le plus intéressant dans mon analyse je trouve mais, pour information, le montant de ma compensation carbone pour 2018 (juste pour mes voyages en avion et en train) s’élève à plus ou moins 430€ (source : calculateur Fondation good Planet). En réalité chaque organisme a son propre calculateur et les chiffres varient de l’un à l’autre. J’ai pris celui de la Fondation Good Planet car c’est de loin le plus pratique pour calculer sa consommation annuelle mais très honnêtement ce n’est pas le plus pointu.
Constat : c’était avéré, c’est maintenant prouvé : je suis une sale pollueuse.
Clairement oui, je pense notamment à certains Aller/Retour Nantes/Paris pour avoir des correspondances à Charles de Gaulle ou certains trajets que j’aurais pu faire différemment en cumulant un vol à des trains pour limiter mon impact. J’aurais pu aussi faire mon Nantes-Marseille en train mais pour des raisons de coût (3x moins cher ça change la donne), j’ai choisi l’aérien plutôt que le terrestre. Mais voilà je mesure aujourd’hui combien l’impact en train est significativement plus faible.
Prenons pour exemple le trajet Nantes-Paris que je fais le plus souvent :
Pour parler en compensation, le premier est à 3€, le deuxième à 0,03€, ça vous parle peut-être plus 😉
Il n’y pas photo non ?
En agissant plus en amont auprès des mes partenaires pour réserver train + avion plutôt que multiplier les vols, j’aurais pu éviter d’émettre quelques tonnes de CO2 et préserver la planète de cette pollution inutile. J’ai conscience de cela et ce sera l’un de mes points d’améliorations sur 2019.
Les entreprises du tourisme qui compensent 100% des voyages de leurs clients, je pense notamment aux agences du groupe Voyageurs du monde, font appel à des fondations mais celles-ci ne prennent pas les dons des particuliers. J’ai donc fait quelques recherches pour trouver des ONG ou des fondations qui oeuvrent dans ce sens et qui vont au-delà de la reforestation. Toutes ces organisations proposent sur leur site des calculateurs, plus ou moins biens faciles à manipuler, plus ou moins pointus aussi.
Voici les 4 organismes qui ont retenu mon attention :
CO2 my climate est une ONG suisse soutenue, entre autres, par Bertrand Piccard (pilote & initiateur de Solar Impulse) et le prix Nobel de la paix, le Professeur Yunus Mohammad.
Le site n’est pas trop bien fichu malheureusement, un peu brouillon mais ce que j’aime particulièrement c’est que l’on peut choisir parmi les divers projets sur lesquels on veut s’engager comme de l’eau potable pour des familles en Ouganda, des micro-crédits au Kenya pour que les femmes puissent acquérir des fours efficaces et bien d’autres encore. Il est trilingue : allemand, français et anglais et on peut faire des dons en francs suisses, en euro ou en GPB.
Ils sont transparents de A à Z et vous informent sur le suivi de vos dons. Les suisses et les allemands peuvent même déduire leurs dons de leurs impôts.
Atmosfair est une organisation allemande créée par deux organismes (une association d’agents de voyage dans le tourisme durable et Germanwatch). Elle est soutenue par l’agence fédérale de l’environnement allemande. Ils soutiennent des projets dans l’éducation et selon les technologies (efficacité de l’énergie, énergie solaire, l’énergie éolienne…) et travaillent au développement des énergies renouvelables dans les pays qui n’ont pas les moyens de le faire. Quand vous faites un don, vous pouvez choisir un projet ou donner pour soutenir « tous les projets ».
C’est un organisme qui me plait beaucoup. Leur site est très bien fait, entièrement dédié au voyage et comment voyager de façon plus durable. Il est bilingue allemand et anglais.
MyClimate et Atmosfair respectent le label Gold Standard dans le choix de leurs projets.
CO2 solidaire est une organisation créée en 2004 par l’ONG GERES (Groupe Énergies Renouvelables, Environnement et Solidarités), elle est aujourd’hui une « plateforme de compensation au service de quatre porteurs de projets : GERES, Initiative Développement, Microsol et Bleu-Blanc-Cœur.
L’objectif est de proposer des crédits carbone à haute qualité sociale en circuit court. »
Ils soutiennent des projets d’amélioration de conditions de vie au Congo, en Chine, au Pérou, en Amérique centrale (Honduras, Mexique, Salvador, Guatemala) et de reforestation en France.
Le site est assez bien fait et donne un visage humain à la compensation carbone. Vous pouvez choisir de compenser par trajet ou en libre mais toujours vous pourrez choisir le projet à soutenir.
NOTE : depuis l’écriture de cet article, CO2 solidaire a suspendu ses programmes mais la plateforme met toujours en relation avec des porteurs de projet.
C’est une fondation française créée par le photographe Yann Arthus-Bertrand qui, je cite, « a pour objectifs de placer l’écologie et l’humanisme au cœur des consciences et de susciter l’envie d’agir concrètement pour la terre et ses habitants ».
Les projets soutenus par la fondation se situent aussi bien en France (notamment au domaine de Longchamp, siège de la fondation) qu’à l’international. Ils agissent sur la sensibilisation, l’éducation et des actions solidaires qu’ils appellent des actions carbones.
Le calculateur d’émission de CO2 est très bien fait et c’est de celui-ci dont je me suis servie pour faire tous mes calculs que vous retrouvez plus haut.
Comme je vous le disais, tous ces organismes ont des manières bien à eux de calculer la compensation carbone. J’ai fait l’exercice sur un A/R Paris-Bangkok pour voir s’il y avait de grandes différences :
Même si j’ai calculé mon empreinte carbone 2018 grâce au calculateur de la Fondation Good Planet (si vous vous y intéressez vous verrez que c’est le plus facile à manipuler), le calculateur d’Atmosfair me semble le plus pointu puisque l’on peut choisir le type d’avion (ça peut changer la donne), la classe dans laquelle on a voyagé, si c’est un charter ou un vol régulier et parfois même la compagnie. Facile à manipuler pour un vol, beaucoup moins pratique pour les cumuler et faire un bilan annuel.
Je pense que je vais certainement partager mes dons entre les 3 premiers organismes.
Si vous voulez aller plus loin sur le sujet, avoir plus de chiffres, en savoir plus sur les labels et aller plus loin sur les autres organismes, je vous conseille de lire le dossier Compenser carbone & transport aérien de Cybelle Planet.
Je ne vais pas mâcher mes mots : compenser carbone N’ANNULE EN RIEN ma pollution passée et future. Cela me donne juste bonne conscience de financer des projets qui aident à réduire la pollution de la planète, prioritairement dans des pays qui n’ont pas les moyens d’agir. Pour faire une réelle action en faveur de la planète, il faudrait donc que je réduise au maximum mes voyages en avion voire que j’arrête totalement. Je sais que c’est impossible pour moi d’arrêter. Je suis bien consciente de cette grande faiblesse par contre je suis tout aussi consciente que je peux REDUIRE mes émissions.
Sur 2019, je compte donc :
Lorsque j’ai quitté Paris pour m’installer à Nantes, j’ai fait le choix de passer chez Mint Energie, un fournisseur d’accès à l’électricité qui m’offre une énergie renouvelable et la possibilité de compenser ma consommation électrique en plantant des arbres au Sénégal et en Haïti. Pour être allée en Haïti et savoir combien ils en ont besoin, je fais ce choix-là pour le moment. Il existe d’autres fournisseurs d’énergie verte, Greenpeace a d’ailleurs sorti récemment ce comparatif d’électricité verte, si jamais vous voulez changer de fournisseur, quitter EDF (ce que je vous incite à faire) je vous conseille d’aller y faire un tour avant de choisir. Mint Energie n’est pas encore dans ce classement car c’est un acteur trop récent. J’ajusterai à la sortie d’un prochain rapport si nécessaire.
Au quotidien je fais très attention à ma consommation électrique, pas seulement pour des raisons de coûts mais aussi parce que l’on sait très bien que plus nous consommons, plus nous agissons en faveur du réchauffement climatique. Des petites actions quotidiennes à petites échelles peuvent faire de grandes choses au final pour la planète alors :
Quand j’ai changé de fournisseur d’électricité, l’estimation de la consommation de mon logement qui avait été réalisée était de 8000 Kw à l’année. A date je n’ai pas encore consommé la moitié de cette estimation.
J’habite en ville donc je limite au maximum mes déplacements en voiture. Je me déplace à pied et en bus quand je dois aller dans Nantes. J’ai de la chance d’habiter dans une ville où le réseau de tram et de bus est très bien développé, bien que très cher je trouve. Je compte acheter un vélo l’an prochain car la ville est plutôt bien pourvue en pistes cyclables.
J’essaye de limiter mes déchets, je sais très bien que c’est un point sur lequel je dois encore travailler en profondeur. La transition est en route depuis quelques mois, ça prend du temps de changer ses habitudes.
Concernant mon alimentation, je fais attention à d’où proviennent les produits avec une préférence bien sûr pour le local et de saison, même quand je voyage. Je ne suis ni végétarienne encore moins vegan mais je limite ma consommation de viande (je n’en ai jamais trop mangé de toute façon).
Je mets ma maison en mode (presque) zéro consommation d’énergie :
Ne reste en fonctionnement que mon réfrigérateur/congélateur car il n’est pas toujours vide quand je pars.
Pour vous aider dans vos changements/transitions, je vous conseille le site du réseau Action Climat qui est très bien fait et vous offre des solutions pour agir pour le climat sans vous culpabiliser.
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La question est vaste et passionnante. Je n’en ai pas fait le tour dans cet article mais j’espère avoir suscité des interrogations, des questionnements et je l’espère des actions dans vos vies de voyageurs et vos vies quotidiennes, aussi petites soient-elles.
Par curiosité ou envie d’agir, je vous invite toutes et tous à calculer l’empreinte carbone de vos voyages et pourquoi pas à la partager en commentaire si vous le souhaitez. Ce n’est pas une question de compétition mais bien d’une prise de conscience, peut-être d’entraide afin de nous fixer des objectifs pour nos futurs voyages. Ceci est avant tout un contrat entre vous et la planète. Vous n’avez surtout rien à prouver à personne.

Lonely Planet sort en 2020 un livre entièrement dédié aux voyages zéro carbone (ou presque), sans avion, ni voiture.
La Cornouaille anglaise, un voyage aux Pays-Bas à vélo, des randonnées en Ecosse, ce livre propose des voyages itinérants à vélo, en train ou à pied aux 4 coins d’Europe. D’une durée d’une à trois semaines, ce sont 80 itinéraires qui sont proposés sans voiture ni avion.
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