Lost in Khaosan road

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Mi-avril, alors que Bangkok s’enflamme et s’enlise dans le conflit des chemises rouges, je décide de me diriger comme prévu vers la Thaïlande. Loin de moi l’idée de rester dans une ville en « état de siège », juste le temps de déposer mon passeport à l’ambassade de Birmanie et je file vers une plage déserte.

Songkran à Khaosan

Cela était sans compter sur le Songkran festival, le nouvel an thaï. J’arrive donc à Bangkok sous des tirs de fusils à pompe… à eau et de lancés de farine. Après Holi en Inde, voici une autre version de « comment s’amuse t-on avec de l’eau et de la poudre ». Ici on fête le nouvel an en s’arrosant d’eau et de farine. Le jeu consiste à se poster sur un trottoir avec une réserve suffisante de ces deux ingrédients et de se tenir prêt à riposter aux attaques venues de personnes mobiles, souvent postées à l’arrière d’un pick-up… C’est très drôle ce petit jeu… Je suis fière de vous annoncer que j’ai réussi à rejoindre mon hôtel sans recevoir une goutte d’eau, ni une pincée de farine ! Je prendrai des risques un peu plus tard en allant acheter de l’eau au Seven/Eleven situé à une centaine de mètres de l’hôtel. A mon actif : un arrosage de pieds pas bien méchant !

Bref, qui dit nouvel an Thaï, dit fermeture des administrations ! Je suis donc bloquée pour le week-end à Bangkok en attendant que l’ambassade de Birmanie veuille bien ré ouvrir. Qu’à cela ne tienne, fidèle à mon compagnon de voyage le Lonely planet, il y a visiblement quelques petites choses à visiter à Bangkok. Je ne vais donc pas m’ennuyer !

Je lance le marathon des visites de temples thaïlandais par le Wat Phra Kaew et le Grand Palais voisin. Sans surprise, c’est  kitsch, ça brille et c’est très chargé. Je flâne mais je ne suis ni transportée ni inspirée. Je ne retrouve pas la sérénité bouddhiste qui m’avait touchée et marquée au Sri Lanka il y a quelques années. Cet endroit ressemble plus à Disneyland qu’à un lieu de culte ! La visite se poursuit par le Grand Palais… qui ne se visite pas. L’attraction du moment, la relève de la garde !

Emotions au Wat Pho

Je continue par le Wat Pho voisin, temple qui possède la plus vaste collection de Bouddhas de Thaïlande dont le plus grand couché. Celui-ci est impressionnant voire même un peu trop grand ! Impossible de le prendre en photo. Il faut dire qu’il fait tout de même 46m de long sur 15m de haut ! Il est en plâtre et doré à la feuille d’or. Ses pieds et ses yeux sont incrustés de nacre. Je flâne dans le reste du temple au milieu de toute la magnifique collection de Bouddhas assis. En me promenant, j’entends des prières et me dirige à l’oreille vers le hall des ordinations. Je tombe sur la fin d’une cérémonie d’ordination d’un jeune moine. Je reste là un petit moment à observer la séance photo de ce jour qui lui sera certainement mémorable ! C’est très émouvant et je suis marquée par l’air sérieux et grave de ce jeune garçon ! La famille a l’air plutôt fier, lui reste impassible. Qu’en penser ? Je ne sais pas !

Je rêve et flâne dans le Wat Pho au milieu des Stupas et des Bouddhas, beaucoup plus inspirée que dans le Wat Phra Kaew voisin, puis vient le temps de traverser le fleuve et de visiter le Wat Arun. D’une architecture totalement différente, ce temple ressemble plus à un temple indien avec ses sculptures de pierre… Bien sûr, ce n’est pas ça du tout, ici c’est une architecture Khmer ! Je rentre ensuite vers Khaosan en traversant le marché aux amulettes, ces petits grigris que les thaïlandais portent autour du coup. L’achat est très minutieux : un bon acheteur ne se déplace jamais sans sa loupe de bijoutier ! L’atmosphère est sympathique !

Après les temples, immersion dans le quartier touristique de Khoasan Road… Très intéressant ! De jour, ce quartier ressemble à une rue ultra touristique que l’on pourrait trouver dans toutes les stations balnéaires à travers le monde : un bar, un marchand de vêtements, un bar, un mac do, un bar, un stand de massage, un bar, un marchand de vêtement, un burger King, un bar, un Starbucks, un bar, un marchand de T-shirt, un bar, un marchand de DVD et CD piratés, un marchand de souvenirs, un bar, un tatoueur… Ainsi va la rue ! De jour, elle n’est pas très animée ! Seuls les  couches tôt visiblement s’y promènent… Les couches tard ne se réveillent qu’en fin d’après-midi et filent direct vers un bar pour boire une première Singha, Chang, Leo ou Tiger. Pas besoin de vous préciser que ce sont des bières et non des concurrents de Tropicana !

Lost in Khaosan Road

A la tombée de la nuit, la rue s’anime. Les stands de Pad Thai (fameuses nouilles sautés thaïlandaises) font leur apparition. Je rigole toute seule car ces petites échoppes ambulantes sont adhésivées de publicité mensongère Air Asia : « fly for less than a Padthai ». On y trouve aussi des stands de brochettes de viande, de crêpes ou de fruits… Khaosan est pleine de bonnes odeurs ! Dans les rues voisines et proches de petits restaurants de rue fréquentés par les thaïs, on peut même trouver des stands de sauterelles, de vers et  de larves grillés très croquantes, hummm !

A la nuit tombante, sortent aussi de leurs tanières toutes sortes de rabatteurs : ceux de couturiers qui essayent, catalogues à l’appui, de vous vendre costume ou robe de soirée. Il y a aussi ceux des massages, des bars,… Ils ont tous des pancartes à la main pour attirer l’œil du chaland avec des prix défiants toute concurrence !

Le plus drôle sur Khaosan reste la population touristique ! On trouve de tout : du grosmochevieux de toute nationalité qui vient ici pour les bières pas chères et les petites thaïlandaises (e fameux touriste sexuel), aux blondes décolorées bronzées et toujours en maillot de bain qui reviennent de Kho Samui, en passant par le tatoué intégral/queue de cheval qui vient pour se faire graver les derniers cm2 de peau qui ne sont pas encore couverts, aux familles avec enfants en bas âges, aux jeunes ou moins jeunes en mal de bières revenants de la full moon party, aux sexagénaires chics qui viennent observer le phénomène car le guide Michelin leur a conseillé… Bref, Khaosan grouille de vie. Chacun vient, y trouve sa place sans vraiment déranger l’autre !

J’ai échoué à Khaosan un soir de nouvel an thaï pour éviter de me retrouver sans le vouloir (ou savoir) dans le quartier occupé par les chemises rouges. J’y suis restée bloquée six jours sans vraiment oser en bouger au regard d’une actualité chaude (une vingtaine de morts 4 jours avant mon arrivée). Alors j’ai erré dans Khoasan, observé l’agitation de ce quartier sans vraiment savoir qu’en penser !

Après réflexion, je pense tout simplement que ça ne correspond pas à ce je suis venue chercher dans ce tour du monde. Je préfère explorer des contrées perdues où l’accueil est souvent chaleureux que des lieux ultra développés où le touriste n’est guère qu’un dollar sur pieds !

La Thaïlande est-elle faite pour moi ? Affaire à suivre !

# Thaïlande

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